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AVRIL 2020

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Côté pile, un physique hors-norme et de réelles

prédispositions pour le basket héritées de sa maman,

l’ex-internationale Sandra Dijon.

Côté face, un caractère

volcanique, des sautes d’humeur, qui ont parfois joué des

tours à Melvyn Govindy, comme lors de son premier passage

à Cholet, à l’âge de 15 ans, stoppé après une seule saison

dans les Mauges. C’est au SLUC Nancy que le jeune pivot

commence à se faire un nom dans le championnat espoirs.

Le SLUC relégué en Pro B en 2017, il doit trouver un point de

chute. Retour à Cholet pour une saison pleine : champion de

France, vainqueur du Trophée du Futur, élu dans le meilleur cinq

espoirs. Saison de rêve ? Le bilan est terni par des problèmes

extra-sportifs : "Il y a eu des phases assez compliquées dans

ma vie personnelle", décrit-t-il. "Moi qui suis impulsif et sanguin,

forcément ça montait dans les tours. Le coach espoirs, Sylvain

Delorme, m’a parlé d’un sophrologue. Je n’étais pas chaud

parce que j’avais déjà vu beaucoup de psy à Nancy et pour moi,

c’était la même chose. En fin de compte, j’ai essayé et le feeling

est passé. J’ai senti la différence. Entre 2017 et aujourd’hui, il y

a eu un très gros changement."

Melvyn Govindy s’est peu à peu assagi, a commencé à se

montrer en Jeep® Élite (10 points, 4 rebonds, 16 d’évaluation

à Dijon en décembre 2018) puis a disparu subitement de

la rotation d’Erman Kunter. "Ma blessure au genou m’a

ralenti… mais cela n’explique pas tout", dit-il. "Parce que j’en

ai chié à l’entraînement pour revenir, sans qu’il y ait de résultat.

Je n’avais pas de terrain d’expression." Erman Kunter privilégie

les pivots mobiles, capable de switcher sur les meneurs après

pick-and-roll. Govindy est cloué sur le banc. Onze minutes de

jeu sur la fin d’année 2019. "J’en ai parlé avec mon agent et

j’ai décidé de partir. C’est bien beau d’être un basketteur pro

mais je préfère être payé 2.000 euros et jouer 25 ou 30 minutes

plutôt que d’être sur le banc et être payé 8.000 euros. À la base

le basket c’est une passion, ça se transmet dans la famille."

En contact avec des clubs de Pro B, de Belgique, Melvyn

Govindy a finalement rebondi à Kaysersberg, en NM1. "Je

voulais avoir un rôle important. Le feeling est passé avec le

coach, Fabien Drago." Il a découvert un championnat bien plus

exigeant que le championnat espoirs, et a contribué à redresser

une équipe mal en point. Kaysersberg a gagné autant de match

avec lui (3v-2d) qu’avant son arrivée (3v-18d) ! "Je suis arrivé

comme un mercenaire pour aider l’équipe à se maintenir et je

pense que j’ai fait le taf. Cela m’a fait chaud au cœur que tout

le monde m’applaudisse, me félicite, parce que Kaysersberg,

c’est un petit village. Tout le monde se connaît."

Melvyn Govindy a tourné à 12 points et 6 rebonds en 20

minutes, avant l’interruption forcée du championnat. "Je ne me

focalise pas vraiment sur les stats", assure-t-il. "Ma mère m’a

toujours appris que le basket commençait par la défense. Si tu

ne défends pas, ça ne sert à rien." Plus important, l’ex-Choletais

n’a pas fait parler de lui pour des mauvaises raisons. "Il n’y a pas

eu d’embrouille, pas d’énervement." Son ambition à la rentrée ?

"Je suis jeune, j’ai envie de cavaler sur un terrain, de transpirer,

claquer des tomars, mettre des contres, être important pour

mon équipe. J’ai été deux ans au bout du banc, ça m’a suffi."

KABCA / Steimer

“JE PRÉFÈRE ÊTRE PAYÉ 2000 EUROS

ET JOUER”

Melvyn Govindy (2,12 m, 22 ans) a beaucoup apporté à Kaysersberg lors de son

court passage en Alsace. Mieux, l’ex-Choletais a réussi à dompter son caractère

fougueux.

Par Antoine Lessard

NATIONALE MASCULINE 1

MELVYN GOVINDY

AS KAYSERSBERG ABCA