Previous Page  10 / 27 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 10 / 27 Next Page
Page Background

10

BASKETBALL MAGAZINE

entraînements, à mes matches. Cela a marqué les esprits au

niveau international.

Avez-vous pleinement compris que vous aviez réellement

un potentiel à l’issue de cette compétition ?

J’ai toujours travaillé pour pouvoir évoluer au plus haut niveau

possible. J’ai eu la chance d’avoir un entraîneur en jeunes,

Christian Corderas, qui a toujours cru en moi et qui m’a toujours

poussé à aller chercher ce que je ne pensais même pas pouvoir

aller chercher. La première fois que l’on m’a appelé en sélection

U16, je sortais du pôle espoirs et je jouais une petite quinzaine

de minutes en championnat de France à Antibes. Je ne m’y

attendais absolument pas. Après avoir goûté à ça pendant

quelques jours je me suis ouvert à l’ambition. Je me suis rendu

compte que je pouvais être dominant et aller chercher mes

rêves.

Avec Timothé Luwawu-Cabarrot, votre ancien coéquipier

à Antibes, vous partagez la particularité d’avoir des

parcours atypiques…

(il coupe)… différents… Tous les deux on s’est tiré la bourre à

l’entraînement pendant des années. C’était une chance. On a

grandi ensemble. Ensuite c’est une question de plan de carrière

que tu développes avec tes agents. Nous avions envie de nous

frotter au haut-niveau et on voulait jouer contre des hommes.

On se sentait prêts. Que ce soit en Pro B ou en Serbie.

Les jeunes français hésitent parfois à passer par la case

Pro B. Quel est votre avis sur cette option ?

Je conseille aux jeunes d’y aller. Certains veulent à tout prix

jouer en Jeep® Élite. Mais si c’est pour te retrouver à jouer le

garbage time ça ne sert pas à grand-chose. Il ne faut pas avoir

peur de descendre d’un étage pour ensuite remonter. Surtout

pour lancer sa carrière. C’est un championnat très formateur.

Ça joue dur et on ne te lâche rien. Il faut oser ! Evan Fournier,

Edwin Jackson, Adrien Moerman y ont commencé. Timothé

Luwawu-Cabarrot est en NBA ! Les jeunes veulent tout, tout

de suite. Il ne faut pas regarder la Pro B comme un échec.

C’est super pour se lancer. Après il faut tomber dans le bon

environnement avec le bon coach. Et ensuite jouer. J’ai joué

10-15 minutes à Evreux. Et j’ai été élu meilleure progression

avec Denain l’année suivante et j’ai été drafté.

Est-ce une fierté particulière ?

C’est cool d’être le premier français drafté directement de

Pro B. C’était un choix intelligent. Je n’ai pas cherché à brûler

les étapes. Parfois ce n’est pas nécessaire mais il y a beaucoup

d’exemples en faveur de la Pro B. Ça prouve que chacun a sa

chance et qu’il faut être prêt à la saisir. En summer league j’ai

côtoyé Rodions Kurucs. Il jouait très peu avec l’équipe B de

Barcelone. Il a été drafté au deuxième tour et il s’est retrouvé

titulaire en playoffs. Adam Mokoka a mis 15 points en 5 minutes

avec les Bulls. Il faut être prêt ! Je me suis entraîné avec William

Howard cet été. Les gens disaient mais que va-t-il faire en

G-League. Et bien il est allé chercher un two-way contract et il

a signé aux Rockets. Il faut aller la chercher sa chance.

À l’issue de la saison 2016/17 vous avez connu une année

blanche. Avez-vous été inquiet que cette longue période

d’inactivité ne mette en danger votre carrière ?

Je savais que mes qualités athlétiques n’avaient pas disparu.

Mais je savais aussi qu’après trois saisons en pro je n’avais

pas montré tout ce dont j’étais capable en jeunes. Je me suis

posé et j’ai pensé que si je voulais atteindre les objectifs élevés

que je m’étais fixé, la NBA et l’Équipe de France, je devais

retrouver mes qualités athlétiques. Et donc arrêter d’avoir mal

aux genoux. C’était réfléchi.

Aviez-vous une idée alors de la durée de votre

indisponibilité ?

Les chirurgiens m’avaient bien précisé que c’était très aléatoire

avec les tendons. Certains ont repris après quatre mois sans

douleurs, d’autres à neuf mois avec douleurs. Je savais où

j’allais et pourquoi je le faisais. Peu importe le temps que ça

prendrait, j’avais ma ligne directrice : en retrouvant ce qui faisait

mes forces je reviendrais plus fort.

Est-ce un exercice très solitaire ?

C’est un long combat contre toi-même. Tu te réveilles tous les

matins pour répéter les mêmes choses. C’est très monotone.

Presse Sports / Mounic

5

x

5

JEME SUIS RENDU

COMPTEQUE JE

POUVAIS ÊTRE

DOMINANT ET ALLER

CHERCHERMES RÊVES.